L'Oréal enrichit son innovation avec des technologies asiatiques
13 mai 2011 par International Business Action
Pour L'Oréal, le marché potentiel que représentent les pays émergents (la Chine, l'Inde et le Brésil) se chiffre à un milliard de consommateurs. Bien plus qu'un simple "lifting" de sa stratégie marketing, c'est bel et bien une mutation de son modèle d'innovation qui s'impose afin d'assurer la conquête de ces nouveaux marchés.
« C'est en Chine que l'on doit innover pour les consommateurs chinois, et pas à Paris », estime Laurent Attal, vice-président recherche & innovation du groupe. « Le basculement du marché cosmétique mondial s'opère sous nos yeux. Notre capacité d'innovation doit donc prendre en compte les attentes des consommateurs des pays émergents où ils se trouvent. Nous allons y accélérer nos investissements », ajoute-t-il.
Pour concrétiser sa nouvelle stratégie R&D, L'Oréal a créé une direction départementale baptisée "Etudes et Consumer Insights" afin de mieux cerner la large palette des besoins de chaque population. « Cette étape est primordiale. En Asie, nos équipes sont structurées de manière à pouvoir apporter leur expertise à toutes les marques du groupe dans les domaines du soin, du maquillage et du capillaire. Elles jouent un rôle complémentaire aux centres en France, aux Etats-Unis ou au Brésil », explique Stéphane Ortiz, à la tête de la nouvelle direction recherche & innovation Asie, basée à Tokyo. Cette structure décisionnelle décentralisée, sorte d'entité test, pourrait être dupliquée à d'autres zones à fort potentiel si elle fait ses preuves.
Mais que va réellement apporté cette nouvelle base de R&D à L'Oréal, déjà géant de son secteur? Stéphane Ortiz a son idée: « Jusqu'à présent, nos laboratoires de Tokyo et de Shanghai étaient chargés de faire de l'adaptation pure et dure de nouveaux produits élaborés en France ou en Europe au marché local. Leur rôle est de nous aider à mieux comprendre et connaître les besoins de nos futurs consommateurs dans cette région du monde, afin de développer des produits qui leur sont parfaitement adaptés. »
Dans cette même optique, un laboratoire de recherche avancée situé au sein même du centre R&I de Shanghai et opérationnel depuis maintenant 4 ans a été dédié à reproduire l'expertise française des peaux reconstruites. « Sa mission principale est de développer de nouveaux modèles pigmentés à partir de cellules asiatiques, afin d'évaluer l'efficacité de nouvelles molécules dépigmentantes pour ce marché très important en Asie », explique Stéphane Ortiz
L'Oréal l'a bien compris, l'internationalisation de sa recherche est une étape obligatoire. la perspicacité des échanges entre les 3 420 collaborateurs de ses 30 centres de recherche et d'évaluation sera la clef de voûte de sa réussite, l'objectif étant de faire rebondir dans l'Hexagone des innovations générées en dehors de la France.
