Export: Ubifrance veut mieux cibler les PME à haut potentiel

13 mai 2011 par International Business Action

L'action de l'agence publique va être mesurée en fonction des contrats qu'elle permet aux PME de remporter.

Faire mieux sans pour autant faire moins. C'est en substance la nouvelle ligne d'action d'Ubifrance. L'agence publique chargée de soutenir les exportateurs a quasiment achevé la réforme de son réseau à l'étranger et a déjà dépassé son objectif 2011 de réaliser 20.000 opérations d'accompagnement d'entreprises (foires, missions...). « Avec la crise, les PME ont pris conscience de la nécessité de l'export pour créer davantage d'activité », explique Alain Cousin, président d'Ubifrance et député UMP de la Manche.

Depuis le lancement de la réforme d'Ubifrance début 2009, le nombre d'entreprises accompagnées est montée en flèche : de l'ordre de 22.000 l'an dernier, contre 19.500 en 2009 et 13.147 en 2008. Pour autant, la baisse du nombre d'exportateurs n'a pas été enrayée. Elle a seulement ralenti l'an dernier, avec 90.900 exportateurs (-1 %). Bercy visait initialement 10.000 nouvelles entreprises exportatrices entre 2009 et 2011.

 

Regrouper les offres de soutien

Dans son rapport annuel publié en février, la Cour des comptes avait critiqué cette politique de recrutement massive d'exportateurs potentiels et préconisait de cibler les entreprises bénéficiaires « de manière plus sélective ». « Les PME françaises n'étant pas génétiquement exportatrices, notre première ambition a été de lancer le mouvement, se défend Alain Cousin. Maintenant que la dynamique est créée, nous allons récolter les fruits de nos efforts. » L'agence veut continuer à accompagner « de l'ordre de 20.000 entreprises chaque année » tout en ciblant mieux celles qui ont le plus de chances de réussite à l'international. Le gouvernement souhaite qu'au moins 70 % des primo-exportateurs « à haut potentiel » accompagnés développent un courant d'affaires dans le pays visé l'année suivante. L'action d'Ubifrance va également être mesurée sur leur maintien dans la durée des PME sur les marchés internationaux, a expliqué le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche. Ce virage plus qualitatif devrait figurer dans la prochaine convention d'objectifs et de moyens d'Ubifrance.

L'autre chantier est la réorganisation des différents organismes de soutien public dans les régions (Coface, Oséo, Ubifrance...). C'était également une requête de la Cour des comptes jugeant que la clarification des rôles était encore insuffisante. Le secrétaire d'Etat compte rationaliser la gamme des produits de financement et mettre en place dans les régions des guichets uniques regroupant les différentes offres de soutien aux entreprises. « Le développement de l'emploi en France sera la première priorité de la politique de promotion des exportations en 2011 », a-t-il coutume d'indiquer. Une déclaration qui répond à une inquiétude de la Cour des comptes, celle-ci « n'excluant pas » que des entreprises utilisent les services d'Ubifrance dans le cadre d'une délocalisation. « Ce n'est pas en accompagnant une PME sur une foire qu'elle va se mettre à délocaliser ! répond Alain Cousin. Cela ne peut être que très marginal. »

Retrouvez cet article sur: http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201319486288.htm